Pourquoi les jeunes militants philippins au Canada appuient-ils les défenseurs des terres Wet’suwet’en ?

9 FÉVRIER – PUBLIC
Pour diffusion immédiate | 9 février 2020 | Référence : Renz Grospe, Anakbayan-Canada (anakbayan.canada@gmail.com) | Ce communiqué est disponible en anglais et en philippin.
Note: les ressources rattachées dans l’article sont en anglais.

Anakbayan-Canada, ses sections et ses organisations affiliées condamnent fermement et vigoureusement les attaques contre le peuple Wet’suwet’en alors qu’il tente de défendre ses terres et ses lois contre l’empiètement de Coastal GasLink et la violence de l’État colonial canadien.

Les jeunes et les étudiants philippins progressistes partout au soi-disant Canada sont solidaires des Wet’suwet’en dans leur lutte pour affirmer leur souveraineté et leur autodétermination sur leurs territoires ancestraux et non cédés.

En tant que Philippins dévoués au mouvement pour la démocratie nationale dans notre pays, nous étudions notre histoire de résistance afin de comprendre les conditions actuelles de notre peuple aujourd’hui.

En tant que Philippins de la diaspora sur des terres autochtones volées, il est également de notre responsabilité d’apprendre et de comprendre l’histoire des peuples sur les terres desquels nous avons élu domicile. Nous cherchons à soutenir de manière militante les luttes anticoloniales qui nous entourent et à les lier fermement à la nôtre.

Connaître l’ennemi

Grâce à cette étude du passé et du présent, nous savons que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a été l’application militaire des lois capitalistes et coloniales depuis sa formation.

L’invasion militaire des terres Wet’suwet’en de cette semaine n’est que l’exemple le plus récent d’une longue histoire d’attaques et d’empiètements. La classe dirigeante impérialiste canadienne réprime la résistance autochtone avec son chien d’attaque, la GRC – c’est leur système qui fonctionne exactement comme il est censé le faire.

C’est ce même État colonial qui a attaqué le poste de contrôle de Gidimt’en en janvier de l’année dernière. C’est le même État colonial qui a pendu Louis Riel. C’est le même État colonial qui a déployé son armée pour attaquer le peuple à Kanehsatake, le même État colonial qui a tiré 77 000 cartouches sur les Danseurs du Soleil au lac Gustafsen, le même État colonial qui emprisonne massivement et de façon disproportionnée les autochtones.

C’est leur système qui fonctionne exactement comme il est censé le faire.

C’est le même État colonial qui a passé des décennies à voler des enfants à leurs familles et qui a tenté de les assimiler par la force dans un acte de génocide culturel. C’est le même État qui continue aujourd’hui à kidnapper des enfants autochtones par le biais de son système outrageant de “protection de l’enfance”.

Nous savons également que lorsque l’État impérialiste canadien agit pour protéger ses intérêts économiques, il fait preuve d’un mépris flagrant, non seulement par la loi Anuk Nu’at’en (Wet’suwet’en), mais aussi par la décision sur les droits et les titres autochtones rendue dans l’affaire Delgamuukw v. British Columbia et de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP).

De l’île de la Tortue aux Philippines

En tant que militants engagés dans l’étude des conditions dans notre propre pays, nous considérons qu’il est de notre devoir d’internationaliste de faire le lien entre les luttes des autochtones ici et les luttes des peuples autochtones et des défenseurs de la terre aux Philippines.

Tout comme les Wet’suwet’en luttent pour faire valoir leurs lois traditionnelles sur leurs terres, Macli-ing Dulag, pangat (chef) de la tribu Butbut, a fait valoir les lois du bodong (pacte de paix) pour organiser les tribus autochtones Kalinga et Bontoc contre le projet de barrage Chico du dictateur Marcos.

Tout comme les chefs héréditaires des Wet’suwet’en réclament leur droit au consentement préalable, libre et éclairé (FPIC) pour tout projet affectant leurs territoires, les dirigeants autochtones aux Philippines ont dénoncé les fausses tentatives de FPIC qui ont permis l’agression de développement de la part de sociétés étrangères dans leurs communautés.

Tout comme les Wet’suwet’en sont forts et résistants face à la répression brutale de l’État, à la militarisation et à la criminalisation, les organisations des peuples autochtones aux Philippines sont restées fermes face au « red tagging », au harcèlement et aux exécutions extrajudiciaires.

En effet, les stratégies du fascisme d’État sont déployées de manière similaire dans le monde entier. Lorsque le gouvernement philippin a publié une liste d’interdiction de terroristes en février 2018, elle comprenait un nombre important de militants autochtones, dont le Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, et la militante Kankana-ey Vicky Tauli-Corpuz. Cette liste comprenait les noms de “Jane” et “John Does”, des noms de personnes qui n’étaient pas encore connues du gouvernement et qui seront ajoutés ultérieurement, permettant aux autorités de cibler qui elles veulent. L’injonction déposée par Coastal GasLink contre les défenseurs des terres de Wet’suwet’en en janvier 2019 a utilisé exactement la même tactique.

Tout comme les Wet’suwet’en sont forts et résistants face à la répression brutale de l’État, à la militarisation et à la criminalisation, les organisations des peuples autochtones aux Philippines sont restées fermes face au « red tagging », au harcèlement et aux exécutions extrajudiciaires.

Et, tout comme la raison principale de l’invasion des terres de Wet’suwet’en est pour que les sociétés extractivistes canadiennes puisse faire d’énormes profits, Barrick Gold, Oceana Gold, TVI Pacific et bien d’autres sociétés canadiennes profitent énormément de l’empiètement, du pillage et de la destruction des terres autochtones aux Philippines.

Comment la classe dirigeante canadienne peut-elle commettre des atrocités contre les peuples autochtones ici, tout comme la classe dirigeante philippine commet des atrocités contre les peuples indigènes là-bas ? Qu’est-ce qui donne à la classe dirigeante canadienne au Canada son pouvoir, et quel est son lien avec le pouvoir des classes dirigeantes philippines ?

Combattre l’ennemi commun

Le lien ultime que nous cherchons à établir clairement est que nous avons un ennemi commun avec les peuples autochones de l’île de la Tortue. Cet ennemi est le système mondial impérialiste-capitaliste, que ce soit sous sa forme coloniale, qui désigne les peuples autochtones “chez eux” au Canada, ou sous sa forme impérialiste, qui s’étend des pays impérialistes comme le Canada aux pays d’outre-mer comme les Philippines.

En même temps que la classe dirigeante canadienne fait usage de la violence des colons contre les défenseurs de la terre de Wet’suwet’en pour défendre ses intérêts capitalistes, cette même classe dirigeante canadienne travaille main dans la main avec d’autres impérialistes et les traîtres et vendeurs philippins pour piller et exploiter le peuple des Philippines.

Nous sommes sur une terre volée ici à Turtle Island, et nous venons d’un endroit où notre terre a été volée. En tant que peuple qui a également souffert de la violence permanente de la colonisation et de l’impérialisme, nous devons agir en solidarité avec les Wet’suwet’en et avec d’autres luttes autochtones, afin de les rapprocher les unes des autres et de les rapprocher de la victoire.

Notre contribution concrète à ces luttes se trouve dans la connaissance de notre histoire révolutionnaire et de nos aspirations à la libération nationale. Connaître notre histoire signifie comprendre comment l’impérialisme, le féodalisme et le capitalisme bureaucratique ont poussé nos familles à quitter les Philippines en raison de la pauvreté, de la privation de terres et du manque d’opportunités.

Notre contribution concrète à ces luttes se trouve dans la connaissance de notre histoire révolutionnaire et de nos aspirations à la libération nationale. Connaître notre histoire signifie comprendre comment l’impérialisme, le féodalisme et le capitalisme bureaucratique ont poussé nos familles à quitter les Philippines en raison de la pauvreté, de la privation de terres et du manque d’opportunités.

En nous organisant avec d’autres jeunes et étudiants philippins progressistes et en faisant pression pour la démocratie nationale et la possibilité de gagner notre vie chez nous, nous pouvons nous attaquer aux causes profondes de l’exportation de main-d’œuvre et de la migration de masse. Nous pouvons endiguer la vague de colonisation continue sur ces terres autochtones. L’histoire nous enseigne que, si nous nous armons d’unité et d’organisation, une véritable transformation sociale est possible.

C’est pourquoi nous appelons la jeunesse philippine de toute l’île de la Tortue à lutter contre ce système mondial impérialiste-capitaliste. Rejoignez le mouvement international anti-impérialiste et anti-fasciste en vous joignant à la lutte de libération nationale des Philippines. Rejoignez Anakbayan pour combattre ensemble notre ennemi commun.

Vive la solidarité internationale!

#WetsuwetenStrong
#AllEyesOnWetsuweten
#NoPipelinesOnStolenIndigenousLand
#ActivismIsNotACrime

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